L’avenir énergétique de l’Afrique dépendra de la technologie et d’une croissance inclusive, selon les scénarios de demande pétrolière de l’OPEP
L’avenir énergétique de l’Afrique dépendra de la technologie et d’une croissance inclusive, selon les scénarios de demande pétrolière de l’OPEP
– By Alison Godswill

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L’avenir énergétique de l’Afrique dépendra de la technologie et d’une croissance inclusive, selon les scénarios de demande pétrolière de l’OPEP

Par Eyo Nsima

Les pays africains sont confrontés à un choix stratégique majeur en matière de politique énergétique pour les prochaines décennies, alors que les dernières perspectives de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) montrent que le développement économique du continent, son industrialisation et les efforts visant à éradiquer la pauvreté énergétique pourraient influencer de manière significative la demande mondiale de pétrole d’ici à 2050.

Dans ses perspectives énergétiques à long terme, l’OPEP présente deux scénarios alternatifs à son scénario de référence : le Scénario axé sur les technologies (Technology-Driven Scenario – TDS) et le Scénario de croissance équitable (Equitable Growth Scenario – EGS), chacun offrant des perspectives différentes pour les économies en développement, notamment celles d’Afrique.

Alors que le premier repose sur un déploiement accéléré des technologies énergétiques avancées et une amélioration de l’efficacité énergétique, le second prévoit une croissance économique plus rapide, un meilleur accès à l’électricité et une accélération de la lutte contre la pauvreté énergétique, entraînant une demande énergétique nettement plus élevée.

Pour les décideurs africains, ce rapport souligne la nécessité de concilier les objectifs de la transition énergétique avec les impératifs de développement du continent.

Les progrès technologiques pourraient ralentir la croissance de la demande pétrolière

Dans le Scénario axé sur les technologies, l’OPEP suppose une augmentation des investissements dans les technologies énergétiques de pointe, favorisant une substitution plus importante des combustibles et des gains significatifs en efficacité énergétique.

En conséquence, la demande mondiale d’énergie primaire progresse plus lentement, tandis que le bouquet énergétique mondial évolue vers des sources moins émettrices de carbone.

Dans ce scénario, la demande mondiale de pétrole commence à s’écarter du scénario de référence après 2035 avant d’amorcer un déclin progressif.

Malgré cela, la consommation de pétrole demeure remarquablement élevée, oscillant entre 110 et 115 millions de barils par jour (Mb/j) pendant la majeure partie de la période de projection, avant de descendre légèrement sous 107 Mb/j en 2050.

Ce niveau resterait toutefois environ 17 Mb/j inférieur à celui prévu dans le scénario de référence de l’OPEP à l’horizon 2050.

Pour les pays africains producteurs de pétrole, ce scénario montre que les investissements dans les technologies propres et l’efficacité énergétique influenceront de plus en plus l’évolution des marchés pétroliers.

Une croissance inclusive pourrait stimuler davantage la demande de pétrole

Le Scénario de croissance équitable présente une perspective sensiblement différente.

Plutôt que de mettre l’accent sur les seules avancées technologiques, il suppose une croissance économique modérément plus rapide dans les pays en développement, y compris en Afrique, accompagnée d’un meilleur accès à l’électricité et d’efforts soutenus pour éliminer la pauvreté énergétique.

Dans ce contexte, la demande mondiale d’énergie augmente plus rapidement.

La demande mondiale de pétrole atteindrait environ 121 Mb/j en 2035 avant de poursuivre sa progression jusqu’à 131 Mb/j en 2050, soit près de 7 Mb/j de plus que dans le scénario de référence.

L’OPEP identifie les secteurs industriel, résidentiel et du transport routier comme les principaux moteurs de cette demande supplémentaire, chacun pouvant contribuer à hauteur d’environ 2 Mb/j supplémentaires à l’échelle mondiale d’ici à 2050.

L’organisation souligne que l’amélioration du niveau de vie entraîne naturellement une hausse de la demande en transports, en activités manufacturières, en production d’électricité, en logements, en matériaux de construction et en biens de consommation, autant de secteurs nécessitant des approvisionnements énergétiques fiables.

Des implications majeures pour l’Afrique

Pour l’Afrique, le Scénario de croissance équitable correspond étroitement aux priorités de développement de nombreux pays.

Des centaines de millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une électricité fiable ni à des solutions de cuisson propres, tandis que l’industrialisation demeure un objectif majeur pour diversifier les économies et créer des emplois.

Ce scénario laisse entrevoir qu’un meilleur accès à l’électricité, une expansion de l’industrie manufacturière, l’amélioration des infrastructures de transport et la hausse des revenus des ménages pourraient entraîner une augmentation importante de la consommation d’énergie sur le continent.

L’OPEP estime que l’amélioration de l’accès à l’énergie ne constitue pas un obstacle aux objectifs climatiques, mais représente au contraire une condition essentielle du développement durable.

Trouver un équilibre entre transition énergétique et développement

Les deux scénarios mettent en évidence le défi auquel sont confrontés les gouvernements africains.

D’un côté, les pays investissent dans les énergies renouvelables, les carburants plus propres, l’efficacité énergétique et les nouvelles technologies afin de respecter les engagements climatiques internationaux.

De l’autre, ils doivent répondre à une demande croissante d’énergie abordable et fiable, indispensable à la croissance économique, à l’industrialisation et à la réduction de la pauvreté.

Pour les grands producteurs de pétrole tels que le Nigeria, l’Angola, l’Algérie, la Libye et l’Égypte, le rapport montre que le pétrole continuera de jouer un rôle essentiel dans le financement du développement économique tout en répondant aux besoins énergétiques nationaux.

Des investissements toujours indispensables

L’OPEP estime que, quel que soit le scénario retenu, les investissements dans le secteur énergétique resteront essentiels.

Même dans le Scénario axé sur les technologies, la demande mondiale de pétrole demeure supérieure à 100 millions de barils par jour jusqu’en 2050, ce qui implique la poursuite des investissements dans l’exploration et la production, les capacités de raffinage, les infrastructures de transport et le développement pétrochimique.

Dans le Scénario de croissance équitable, les besoins d’investissement sont encore plus importants, les économies en expansion nécessitant une augmentation de la production pétrolière, des capacités de raffinage, de la production d’électricité et des infrastructures énergétiques.

Une opportunité stratégique pour les producteurs africains

Les analystes du secteur estiment que les scénarios de l’OPEP confirment la place stratégique de l’Afrique dans l’évolution du paysage énergétique mondial.

Grâce à ses abondantes ressources en pétrole et en gaz naturel, à sa forte croissance démographique et à ses importants besoins énergétiques non satisfaits, le continent devrait demeurer un acteur majeur des marchés mondiaux de l’énergie, quel que soit le rythme de la transition énergétique.

Le rapport suggère que les politiques favorisant la croissance économique, l’industrialisation, l’élargissement de l’accès à l’électricité et l’innovation technologique ne sont pas incompatibles.

Au contraire, l’Afrique dispose de l’opportunité de suivre une trajectoire énergétique équilibrée, combinant le déploiement de technologies plus propres avec la poursite du développement de ses ressources pétrolières et gazières afin de soutenir sa transformation économique, de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie de ses populations.

Alors que les gouvernements africains élaborent leurs stratégies énergétiques de long terme, les perspectives de l’OPEP montrent qu’une croissance économique plus équitable et un accès universel à une énergie moderne pourraient influencer l’évolution future de la demande mondiale de pétrole tout autant que les progrès des technologies à faible émission de carbone.

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